Municipales 2020 : premier tour d’horizon des règles applicables

Par MaĂ®tre Lucas DERMENGHEM (Green Law Avocats) Le rĂ´le des communes et des intercommunalitĂ©s dans la gestion au quotidien des questions environnementales n’est plus Ă  dĂ©montrer. Les maires tentent de se saisir des questions sanitaires contemporaines via la police gĂ©nĂ©rale ; les communes et les EPCI planifient la gestion des sols et les dĂ©placements urbains, gèrent des services public Ă  objet environnemental (collecte et traitement des dĂ©chets, distribution de l’eau, assainissement). Les maires et les intercommunalitĂ©s sont encore des facilitateurs de l’implantation des Enr. Les Ă©lections municipales approchent, et auront lieu le dimanche 15 mars 2020 pour le premier tour et le dimanche 22 mars 2020 pour le second. Les environnementalistes doivent ĂŞtre très attentifs Ă  la formation des nouvelles majoritĂ©s locales. Nul doute que ces Ă©lections occasionneront de nouveau un abondant contentieux. Le cabinet GREEN LAW AVOCATS se propose par une sĂ©rie d’articles sur son blog de dresser un tour d’horizon des principes traditionnels et des règles nouvelles qui rĂ©giront cette prochaine consultation. Dans l’immĂ©diat rappelons les règles encadrant les candidatures (I°) et les principes   applicables aux scrutins (II°). I – Sur les règles applicables aux candidats aux Ă©lections municipales L’élection Ă  la fonction de conseiller municipal suppose de rĂ©unir cinq conditions cumulatives : Etre de nationalitĂ© française ou ressortissant de l’Union europĂ©enne ; Avoir 18 ans rĂ©volus au jour du scrutin ; Etre Ă©lecteur de la commune ou inscrit au rĂ´le des contributions directes de la commune ou justifier devoir y ĂŞtre inscrit au 1er janvier 2020 ; Etre candidat dans une seule circonscription Ă©lectorale ; Avoir satisfait aux obligations militaires. Les ressortissants de l’Union europĂ©enne ont ainsi la possibilitĂ© d’être Ă©lus au sein d’un conseil municipal. Ils ne peuvent en revanche prĂ©tendre Ă  devenir maire ou adjoint et ne participent pas Ă  la dĂ©signation des Ă©lecteurs sĂ©natoriaux et Ă  l’élection des sĂ©nateurs. En ce sens, le « Brexit » aura un effet direct sur les ressortissants britanniques rĂ©sidant en France, qui ne pourront plus voter ou de prĂ©senter aux Ă©lections municipales. Notons que pour les Ă©lections municipales de 2020, la rĂ©glementation impose dĂ©sormais que chaque candidat fournisse une mention manuscrite marquant son engagement : la dĂ©claration de candidature. Cette disposition, applicable dans chaque commune quelle que soit sa taille, a pour objet d’éviter que des candidats puissent ĂŞtre enrĂ´lĂ©s malgrĂ© eux sur des listes. Une nuance toutefois : la dĂ©claration de candidature est valable pour les deux tours dans les communes de moins de 1000 habitants et devra Ă  l’inverse ĂŞtre renouvelĂ©e au second tour dans les communes de plus de 1000 habitants. De plus, chaque Ă©lection municipale connaĂ®t son lot d’inĂ©ligibilitĂ©s et d’incompatibilitĂ©s, dont le rĂ©gime juridique est rĂ©gulièrement modifiĂ© par le lĂ©gislateur. Sur ce point, il convient de rappeler que les inĂ©ligibilitĂ©s interdisent Ă  la personne concernĂ©e de se prĂ©senter Ă  l’élection alors que les incompatibilitĂ©s obligent les candidats Ă  faire un choix entre leur mandat et la fonction incompatible avec celui-ci. L’inĂ©ligibilitĂ© doit ĂŞtre distinguĂ©e selon qu’elle s’attache Ă  la personne ou Ă  sa fonction : Parmi les cas d’inĂ©ligibilitĂ© tenant Ă  la personne, on peut par exemple mentionner les conseillers municipaux ayant refusĂ© de remplir une des fonctions qui leur sont dĂ©volues et dĂ©clarĂ©s dĂ©missionnaires par le tribunal administratif dans l’annĂ©e qui suit la notification de cette dĂ©cision (cf. art. L235 du code Ă©lectoral) ; Parmi les cas d’inĂ©ligibilitĂ© tenant Ă  la fonction, citons par exemple l’article L231 du code Ă©lectoral, qui empĂŞche un certain nombre de professionnels d’être Ă©lus conseillers municipaux dans les communes situĂ©es dans le ressort oĂą ils exercent ou ont exercĂ© leurs fonctions depuis moins de six mois (magistrats des cours d’appel, membres des tribunaux administratifs et des chambres rĂ©gionales des comptes, magistrats des tribunaux de grande instance et d’instance, fonctionnaires des corps actifs de la police nationale, etc.) ; S’agissant des incompatibilitĂ©s affectant les candidats aux Ă©lections municipales, celles-ci sont dĂ©finies par les articles L46 et L237 et suivants du code Ă©lectoral. A titre d’exemple, nul ne peut cumuler plus des deux mandats Ă©lectoraux suivants : conseiller rĂ©gional, conseiller Ă  l’AssemblĂ©e de Corse, conseiller dĂ©partemental, conseiller de Paris, conseiller Ă  l’assemblĂ©e de Guyane, conseiller Ă  l’assemblĂ©e de Martinique, conseiller municipal (cf. art. L46-1 du code Ă©lectoral). Mais cette incompatibilitĂ© est « rĂ©gularisable » puisque la personne concernĂ©e bĂ©nĂ©ficie d’un dĂ©lai de trente jours Ă  compter de la date de l’élection pour dĂ©missionner de l’un des mandats qu’il dĂ©tenait antĂ©rieurement. Autre exemple d’incompatibilité : le mandat de conseiller municipal est incompatible avec l’exercice d’un emploi salariĂ© au sein du centre communal d’action sociale (C.C.A.S) de la commune (cf. art. L237 du code Ă©lectoral). II – Sur les règles applicables aux scrutins Avant d’évoquer le mode de scrutin, dont les modalitĂ©s varient selon le nombre d’habitants de la commune, il convient de s’attarder sur les nouvelles règles applicables Ă  l’ensemble des municipalitĂ©s. Outre la règle de la dĂ©claration de candidature susmentionnĂ©e, les Ă©lections municipales seront pour la première fois concernĂ©es par la comptabilisation du vote blanc. Cette nouveautĂ© Ă©lectorale est issue de la loi n° 2014-172 du 21 fĂ©vrier 2014, issue d’une proposition dĂ©posĂ©e Ă  l’AssemblĂ©e Nationale le 24 juillet 2012. L’esprit de ladite proposition repose sur l’idĂ©e que « le vote blanc est un acte citoyen. Il se distingue de l’abstention – l’électeur s’étant dĂ©placĂ© jusqu’à son bureau de vote – et exprime au contraire un choix, une volontĂ© politique de participer au scrutin pour dire son refus de choisir entre les candidats en lice » (Texte n° 107 de M. François Sauvadet, dĂ©posĂ© Ă  l’AssemblĂ©e Nationale le 24 juillet 2012, disponible ici). La loi prĂ©voit dĂ©sormais que : « les bulletins blancs sont dĂ©comptĂ©s sĂ©parĂ©ment et annexĂ©s au procès-verbal. Ils n’entrent pas en compte pour la dĂ©termination des suffrages exprimĂ©s, mais il en est fait spĂ©cialement mention dans les rĂ©sultats des scrutins. Une enveloppe ne contenant aucun bulletin est assimilĂ©e Ă  un bulletin blanc ». Pour mĂ©moire, le vote blanc consiste Ă  dĂ©poser dans l’urne une enveloppe comportant soit un bulletin blanc, dĂ©pourvu pour ce faire de toute inscription, soit une enveloppe vide. Le vote blanc doit ainsi ĂŞtre distinguĂ© de l’abstention et…

Encadrement par décret des aires de grand passage pour les gens du voyage

Encadrement par décret des aires de grand passage pour les gens du voyage

Par Maître David DEHARBE, avocat gérant (Green Law Avocats) 

La réalisation ou la réhabilitation des aires d’accueil conditionne la mise en œuvre des pouvoirs de police du maire, précisés par la loi du 7 novembre 2018 relative à l’accueil des gens du voyage et à la lutte contre les installations illicites. Aux termes de la loi de 2018, tout maire de commune dotée d’une aire ou d’un terrain d’accueil des gens du voyage peut, sous certaines conditions, interdire le stationnement de résidences mobiles sur le reste du territoire communal et donc demander au préfet de procéder à l’évacuation d’office des campements illicites. Et en cas de stationnement d’un groupe de plus de 150 caravanes, les représentants de ce groupe sont tenus d’informer les représentants de l’État afin que soit organisé au mieux l’accueil, les maires pouvant également demander aux préfets d’assurer le pouvoir de police dans ce type de situation.

C’est dans ce contexte qu’un décret n° 2019-171 du 5 mars 2019 (JORF n°0056 du 7 mars 2019) réglemente depuis le 8 mars 2019 les aires de grand passage (AGP), occupées chaque été pendant les migrations de près de 500 000 personnes. Précisons que jusqu’ici ces aires ne faisaient l’objet que d’un encadrement para-réglementaire (Circulaire n° NOR IOCA1007063C du 13 avril 2010 : préparation des stationnements estivaux des grands groupes de caravanes de gens du voyage – cf. également les instructions annuelles du Ministre de l’intérieur : instruction du 15 mai 2018).

Déchet et Assainissement /pouvoirs de police: les apports de la Loi Pélissard du 29 février 2012

Déchet et Assainissement /pouvoirs de police: les apports de la Loi Pélissard du 29 février 2012

Par Patricia DEMAYE-SIMONI, Maître de conférences en droit public

Opérant non plus un partage de certains pouvoirs de police spéciaux entre les maires et le président d’une intercommunalité à fiscalité propre mais un transfert de prérogatives au profit du second, la loi n° 2010-1563 du 16 décembre 2010 de réforme des collectivités territoriales  avait prévu que  les transferts automatiques des pouvoirs de police spéciale au profit du président d’un établissement public de coopération intercommunale  (intervenant dans les domaines de l’assainissement, de l’élimination des déchets ménagers et de la réalisation des aires d’accueil des gens du voyage)  devaient intervenir plus tard le premier jour du douzième mois qui suit la promulgation de la présente loi, soit au 1er décembre 2011 (cf. notre brève du 1er avril 2011, « Police de l’assainissement et des déchets ménagers: l’automaticité du transfert pour les EPCI »).

Pour corriger cette lacune de la loi de réforme des collectivités territoriales de 2010, l’article 9 de la  loi n° 2012-281 du 29 février 2012 visant à assouplir les règles relatives à la refonte de la carte intercommunale dite loi « Pélissard »  (publiée au JORF du 1er mars 2012) a remanié le contenu de l’article L. 5211-9-2 du code général des collectivités territoriales (CGCT) et celui de l’article 63 de la loi n° 2010-1563 .

Tarification incitative des déchets : des clarifications attendues dans la loi de finances pour 2012 !

Tarification incitative des déchets : des clarifications attendues dans la loi de finances pour 2012 !

Patricia Demaye-Simoni, Maître de conférences en droit public

Lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2012, les parlementaires ont précisé les modalités de mise en oeuvre de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) incitative et expérimentale adoptée avec la loi Grenelle II de l’environnement  (art. 195) dont le principe avait été déjà posé avec la loi Grenelle I  à échéance de 2014 (art. 46) : cf. notre brève sur ce blog, « Déchets ménagers : la délicate expérimentation de la TEOM incitative », 08/04/2011.